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À MATIGNON, RIEN DE NOUVEAU !


Photo du Premier ministre Jean Castex ©Wikipédia

L’élection d’Édouard Philippe à la mairie du Havre lors du deuxième tour des municipales 2020 a sonné le glas pour le gouvernement Philippe II, en place depuis le 21 Juin 2017. Cela aurait pu être, pour Macron, le moment de prendre en compte les attentes sociales et écologiques exprimées par nos concitoyens dans les urnes le 28 mai et de concrétiser le tournant politique promis aux français. Au lieu ça, La République en Marche vous présente le remake version politique de “Y’a t-il un pilote dans l’avion ?”... 

Olivier Faure, notre premier secrétaire le rappelle : « La crise exigeait de profonds changements [...] Et finalement, on a quoi? Une politique plus que jamais orientée vers la droite et un président qui concentre plus que jamais tous les pouvoirs …». Le virage à droite s’est matérialisé par la nomination de Jean Castex, un énième “gaulliste social” autoproclamé à la tête d'un gouvernement néolibéral, le même qui a porté la casse de nos services publics, le plan retraite ou la réforme de l’assurance chômage. 

En effet à part quelques exceptions qui (confirment la règle), ce gouvernement n’est pas celui du renouvellement : Le Drian, Darmanin, Vidal, Parly, Blanquer, Borne et la dizaine d’autres ministres recyclés ne font que jouer aux chaises musicales ! Pour le tournant, les français attendront…

Jean Castex veut de « l’action », un gouvernement qui « se met au travail rapidement », mais sur quel projet, avec quel calendrier ? Les français, après la crise du Covid-19, ont clairement exprimé dans les urnes leur aspiration à une “France d’Après”, écologique et sociale. Hélas, ne cherchez pas de vision d’avenir dans le discours de politique générale du Premier ministre, pourtant assez attendu, où les mesures à la carte et les bonnes intentions l’emportent sur la cohérence idéologique et le pragmatisme.

Quel projet pour une France plus juste, pour un service public qui accompagne le quotidien, pour un soutien aux familles fragilisées par la maladie ou la crise économique ? La réponse de Jean Castex n’est que la poursuite des politiques précédentes, celle des retraites, celle de l’assurance chômage dont on sait les dégâts sociaux qu’elle prépare et qui paraît tellement anachronique aujourd'hui !  Le nouveau Premier Ministre prétend vouloir un service public “plus proche du quotidien” mais “en même temps” continue de défendre sa subordination aux logiques de performance et d’austérité budgétaire, dont la conséquence directe est la fermeture de nombreuses gares rurales ou encore de bureaux de poste de proximité. Un affaiblissement des collectivités les plus proches des français est aussi à craindre si le prochain acte de décentralisation ne se détourne pas du cap fixé avec la suppression démagogique de la taxe d’habitation sans contrepartie suffisante pour les finances communales. 

Quel plan pour l’avenir, pour la jeunesse, pour la recherche, pour l’université ? Le gouvernement Castex annonce des “mesures d’urgence” pour les jeunes en proposant un repas à 1 euro en resto U pour les étudiants boursiers, tandis que c’est tout le système d’attributions des bourses, de fonctionnement des CROUS ou de la vie étudiante qu’il faut repenser pour sortir nos étudiants de la précarité. Cette avancée est insignifiante face aux tentatives de suicides, au décrochage, à l’isolement et à la dépendance de la plupart des étudiants aux “petits boulots” de plus en plus précaires, souvent “au black”.

Quelle approche de la sécurité et quel soutien à nos forces de l’ordre ? Si la mise en place de caméras d’intervention est un signe positif indéniable, il reste dérisoire face à la situation extrêmement tendue que connaît notre pays ou notre département.  Car le lien qui s'est brisé entre les policiers et nombre de citoyens, du fait d'une stratégie du maintien de l'ordre qui a privilégié l'affrontement et la riposte disproportionnée lors des mobilisations des derniers mois et notamment celles des gilets jaunes. Aujourd'hui il faut recréer cette confiance indispensable pour assurer la sécurité et la garantie des libertés publiques, confiance sans laquelle la démocratie ne peut s’exercer. Il s’agit de donner les moyens à nos gardiens de la paix de travailler dans les meilleures conditions possibles et que les bavures soient évitées : des investissements doivent être faits en matière de formation(détricotée depuis une dizaine d’années), d’apaisement des conditions de travail et de renforts humains là où ils sont le plus nécessaires.

Enfin, quel cap pour la transition écologique dans le discours du Premier ministre ?

Le montant du plan industrie est deux fois plus important que celui du plan climat, le signal est clair : la lutte contre la crise écologique est reléguée au second plan derrière la politique de l’offre. Nos concitoyens ne doivent pas être les seuls à faire des efforts dans cette lutte alors que les grandes entreprises, qui polluent le plus, sont seulement “invitées” à ne pas verser trop de dividendes ! Que dire de l’absence pure et simple de l’économie sociale et solidaire dans l’équation alors que celle-ci représente près de 14% de l’emploi privé et plus de 200 000 établissements formant des réseaux de solidarité et d’innovation dans tous nos territoires ? Comment croire Barbara Pompili, notre nouvelle Ministre de l'Écologie quand elle déclare vouloir « relancer un grand plan pour le ferroviaire » alors que la même majorité gouvernementale a voté les fameux “Cars Macron” qui ont signé l’arrêt de mort de nombreuses liaisons TER ou le plan Spinetta démembrant la SNCF et en particulier le fret, avec l’emblématique suppression du train maraîcher de Rungis ! Comment effacer des mois et des années de politique du “tout camion” tout en mettant à mal l’alternative ferroviaire, plus verte et seule crédible. Le projet écologique du gouvernement, ce n’est rien de plus que la prolongation de mesures déjà existantes, qui n’ont en réalité pour fin que de prolonger un système dont les français savent bien qu’il n’est plus tenable et qu’ils ont déjà rejeté dans les urnes ! 

Nous devons être à la hauteur de l’urgence, et oser la refonte totale de nos modes de productions, de consommation et de vie ! La direction énoncée par la majorité n’est pas celle que souhaitent les milliers de toulonnais qui tourné le dos au prétendu “Vrai cap pour Toulon” porté par la députée LREM aux élections municipales. Cette droite qui se targue de parler d’écologie et de justice sociale empruntés à la gauche n’est qu’opportunisme et stratégie de communication : place au réel, place à l’avenir ! 

Et cela commence au plus près de nous, dans nos villes, dans nos territoires. Cela se joue donc à Toulon, dans le Var, et tout ce sud porté par la dynamique du Printemps Marseillais !

Femmes et hommes de gauche de notre département, ne tombons pas dans le piège tendu par ce gouvernement. Il nous incombe au contraire de nous regrouper et de travailler ensemble à l’élaboration d’une projet cohérent, désirable, social et écologique ! Chacun à notre place, au sein des mouvements associatifs, citoyens, syndicaux et partis politiques, nous aurons un rôle à jouer. Comme élue socialiste du Port du Levant au sein du groupe de Toulon en Commun, j’y mettrai toute mon énergie !

Magali Brunel

Secrétaire de section du PS Toulon

Conseillère municipale de la ville de Toulon

PARTI SOCIALISTE
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fede83@parti-socialiste.fr

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